Monday, October 27, 2014

S'il-te-plaît, sculpte-moi un gangsta!


Pour mon second tuto, je m'attaque à une figurine en pied, assez épurée au niveau des formes et des détails. Pour la pâte utilisée, je reste fidèle à la Super Sculpey. Au niveau de l'outillage employé, il est assez varié: du fil de fer et des pinces plates et coupantes (pour l'armature), un pied à coulisse et une équerre en plastique (à tous les stades ou presque), différents pinceaux-gommes, un couteau de modélisme et différentes spatules (la plupart artisanales). Plus de détails sur les outils ici.

La plupart des photos peuvent être agrandies par un clic.

The English version is available here (a bit refreshed with respect to this one).


Préparation du projet

Comme souvent, tout commence par un croquis plus ou moins précis et avancé. Le plus important, pour la suite, c'est de se donner une bonne idée des volumes, ce pour quoi il est vraiment très utile de dessiner des vues sous plusieurs angles. Dans un cas aussi simple que celui-ci, deux vues suffisent amplement. En général, je ne m'appesantis pas trop sur les détails à ce stade, à part ceux qui font partie de ma motivation à attaquer la fig. Je me débrouille pour que le dessin soit à l'échelle, parce que ça fait partie intégrante de ma façon de travailler: soit je le fais directement donc, soit je dessine et j'adapte ensuite ( je scanne ou je prends une photo, selon ce que j'ai sous la main, puis je mets à l'échelle dans un logiciel de retouche d'image et enfin j'imprime...).


On va maintenant aborder une étape très importante pour la suite: déterminer la forme et la taille de l'armature. Pour cela, je me sers de papier calque que je superpose au croquis de base (on peut aussi directement dessiner dessus, mais je préfère toujours avoir une référence "propre" pour la suite) et je fais un schéma filaire de l'armature. J'essaye de tenir compte (grosso-modo) de l'épaisseur de mon fil de fer, de différencier les zones où le fil est droit et là où il est torsadé, et je fais très attention au niveau des zones de resserrement (cou, chevilles, entrejambe,...). L'oval au niveau de la tête est là pour l'empêcher de pivoter librement par rapport au corps, pendant le travail. A gauche, l'armature dessinée sur le papier calque, à droite le papier calque superposé sur le dessin de départ.


Ensuite, je dessine les volumes qui feront office de "complément" à l'armature, ce que j'appelle les "noyaux". En général, plus la taille des volumes qu'on va travailler est grande, plus il est difficile à la pâte de tenir en place sur l'armature, surtout durant les premières étapes. Ces noyaux seront donc là pour y aider en créant une cohérence à l'ensemble, un peu comme le noyau d'un fruit. A gauche, les noyaux dessinés sur le papier calque, à droite le papier calque superposé sur le dessin de départ.



Armature et base

Venons-en aux choses sérieuses maintenant... Je fabrique l'armature en tordant un fil de fer. Je profite de mon croquis à l'échelle pour évaluer la longueur dont j'aurai besoin (le fil torsadé compte presque double), je le coupe et le mets en forme. Quand je plie, j'utilise des pinces plates pour avoir des mouvements nets; pour les torsades, je serre suffisamment pour que le résultat soit stable. Je mets régulièrement mon croquis en vis-à-vis de l'armature pour vérifier que tout correspond au niveau des dimensions. Toute erreur à ce stade aura des répercussions jusqu'au bout.



J'ajuste l'armature dans un petit montage bien équilibré destiné à la fixer à un petit socle qui me permettra autant de manipuler confortablement la figurine que de la poser sur mon plan de travail.


Venons-en maintenant à la confection des volumes de base, des "noyaux". (1) Je commence par réaliser des volumes simples dont j'ajuste la forme et le volume en essayant de les faire correspondre à mes croquis. (2) Ensuite, je coupe les volumes en deux là où l'armature doit passer (vous remarquerez que les deux morceaux ne sont pas nécessairement de même taille, puisqu'elle dépend de la position de l'armature par rapport aux volumes… d'où, quitte à me répéter, l'utilité des croquis…). Si l'armature est très épaisse, on peut éventuellement en tenir compte en retirant un peu de pâte. (3) Ensuite, on assemble le tout en essayant de tout bien solidariser (combler les joints), et de garder les bonnes formes (note: pour éviter un trou au niveau de la tête, j'ai ajouté un peu de pâte à l'intérieur de la boucle formée par l'armature). Notez aussi la très faible épaisseur de pâte au niveau des pieds/jambes, qui servira à faciliter l'adhérence de la pâte aux étapes ultérieures.

Il est important que les différents noyaux soient bien fixés à l'armature à cette étape-ci.



Ensuite, avec un bon couteau, je strie la surface des noyaux en créant des petites coupures dans plusieurs directions différentes. Le but est de faciliter l'adhérence des couches de pâte ultérieures.


Ensuite, on passe au four pour solidifier tout ça! Il n'est pas utile de trop cuire, vous pouvez vous fier aux recommandations écrites sur le paquet. Il faut juste que l'ensemble soit rigide.



Les volumes

J'attaque les volumes dans leur globalité maintenant. Je commence par prendre une boule de pâte que j'aplatis à une épaisseur correcte (avec n'importe quel manche cylindrique propre à jouer au "rouleau à pâtisserie"): pas trop fin, sinon il faudra beaucoup d'étapes pour monter les volumes, et pas trop épais sinon ce sera difficile de bien faire adhérer la pâte. Ensuite, je découpe les morceaux de pâte pour les poser: de nouveau, pas trop petits pour ne pas faire trop d'étapes, pas trop grands sinon difficiles à poser, surtout pour des surfaces fort courbées. La forme doit aussi être adaptée selon la zone où l'on souhaite poser la pâte.


(1) Je prends un des carrés de pâte que je pose sur le corps en m'assurant qu'il est bien fixé. Pour ce faire, j'essaye toujours de pousser la pâte contre le noyau en commençant par les zones vers l'intérieur et en allant progressivement vers les extérieurs. Je soigne aussi beaucoup le contact au niveau des bords, pour m'assurer qu'il soit aussi bon que possible. L'idéal est de déformer légèrement les bords pour leur donner une forme de biseau en l'aplatissant vers le noyau. (2) On procède de même pour l'arrière. De nouveau, la partie la plus critique est la jonction entre les deux zones de pâte. On découpe si nécessaire, on écrase la pâte et on essaye de fondre la jonction pour que les deux blocs de pâte ne fassent qu'un.

Et on continue la première couche de pâte en procédant de la même façon…


On continue avec la seconde couche pour le corps. Comme les zones sont un peu moins courbes que précédemment, on peut se permettre des bouts de pâte plus grands. J'en adapte la forme et l'épaisseur en essayant de coller grosso-modo aux volumes des croquis, pour gagner du temps. De nouveau, je fais attention à la bonne adhérence et à soigner les jonctions, quitte à ajouter des bouts de pâte là où il en manque.


Venons-en à la tête. Il est impossible de couvrir une sphère par une feuille plate sans faire des plis, qui nuiraient grandement à l'adhérence... donc on doit procéder par morceaux. J'ai quand même une astuce pour pouvoir travailler avec des feuilles pas trop petites: (1) en découpant des triangles suffisamment rapprochés, on peut s'arranger pour que les "plis" leur correspondent... (2) On pose donc la feuille de pâte sur le noyau en faisant bien adhérer la partie médiane. (3) Ensuite, on replie les "dents" sur le noyau en essayant de faire se rejoindre leurs bords pour obtenir une surface plus ou moins continues. Eventuellement, on joue un peu du couteau pour ajuster la forme des dents.

On fait de même pour l'autre côté de la tête. Il reste ensuite quelques trous à combler par des petits bouts de pâte.


Ensuite, on compare le résultat aux croquis, et on ajuste: on retire de la pâte avec une bonne lame là où il y en a trop, et on pose des bouts de pâte là où il en manque. Et voici le résultat après deux couches de pâte, quelques retouches et un lissage dans les grandes lignes, comparé au croquis juste en dessous.


Ensuite, j'ajoute le bas du corps, avec ce qui fera office de bermuda. Toujours en procédant par étapes. Le gros des volumes est maintenant terminé. Dans la suite, on va s'attacher à préciser les formes, avant de s'attaquer aux détails. En général, on procède donc en plusieurs étapes où on essaye à chaque fois d'aller un peu plus avant dans la précision. 


On entre dans les détails - I: la tête

J'attaque la tête plus en détails. (1) Tout d'abord, la mâchoire: je prends de la pâte que je mets en forme, et que je fixe à l'endroit voulu. (2) J'ajoute des petits morceaux de pâte pour obtenir progressivement ce que je veux, puis j'attaque les pommettes de la même manière. (3) Je fais de même de l'autre côté de la tête. Quand je travaille sur une pièce symétrique, j'essaye toujours de créer des bouts de pâte symétrique pour faciliter le travail. (4) Après plusieurs étapes successives, et après avoir fondu le tout, voila où on en est au stade actuel.


Venons-en aux détails du visage: (1) je commence par dessiner le contour des yeux, qui me servira de point de repère pour les creuser, et en parallèle je dessine les fosses nasales. (2) j'ajoute un fin boudin de pâte qui servira à créer la protubérance de la base du nez. (3) Je creuse les yeux et j'ajuste les différentes zones de transition: yeux-arcades, yeux-pommettes, yeux nez, ... Je retire également un peu de pâte à hauteur des tempes et de la transition temps-yeux-arcades pour donner un peu de caractère au "visage". Voici le résultat après ajustements (par ajouts et retraits successifs de matière toujours) et lissage.


Soignons les arcades maintenant: (1) je forme un boudin de pâte de la bonne épaisseur que je découpe de manière à avoir deux bouts identiques, d'une longueur correspondant à chaque arcade. (2) j'aplatis les boudins de manière à avoir un côté plus ou moins plat, et un autre bombé. (3) Je les pose au niveau des arcades et je les fonds dans le reste de la pâte en essayant de dessiner les arcades de manière symétrique.


Au fûr et à mesure qu'on précise les détails, on apprécie mieux les formes générales du crâne. Il est donc temps de corriger les défauts de forme d'ensemble, tout en soignant toujours la façon dont les détails se fondent dans le reste. Je ne me préoccupe pas encore trop des empreintes digitales qui traînent par-ci par-là à ce stade, car je serai sûrement amené à en redéposer d'autres avant la prochaine cuisson. Je garde donc le dernier lissage comme étape ultime avant cuisson.


On entre dans les détails - II: le bermuda

Après avoir légèrement ajusté les volumes du bermuda, je vais m'attaquer à ses détails, en commençant par sa bordure qui constitue sa limite par rapport au ventre. (1) Tout commence par un boudin d'une longueur suffisante pour faire le tour du ventre (pour faciliter les manipulations, on peut même le faire plus long). (2) J'aplatis d'abord le boudin en une fine bande de pâte. Ensuite, j'aplatis légèrement un côté pour lui donner une forme de biseau, et je découpe l'autre côté dans le sens de la longueur pour qu'il soit raisonnablement droit, et j'ajuste de la même manièr ses extrémités dans le sens de la largeur (étapes pas visibles sur la photo). (3) Je pose ensuite la bande sur le ventre en commençant par une extrémité, puis je fais progressivement le tour en m'assurant qu'il n'y a pas de pli qui se crée, que tout adhère bien. (4) Je découpe l'excédent avec un mouvement de lame presque parallèle à la bande, (pour éviter d'abîmer le reste ET pour faciliter le fait de fondre la zaone de transition) (photo floue, désolé). J'ajuste la forme et de la bordure: (5) je commence par découper la bande de manière aussi droite que possible (photo floue, encore), puis (6) je retire l'excédent et je soigne la zone de transition. (7) J'ajoute une braguette grâce à une petite et fine feuille de pâte: je la fonds du côté des coutures et je m'assure qu'il y a un très léger décalage du côté de l'ouverture en glissant un outil très fin et en redressant la pâte là où c'est nécessaire. Je dessine également la zone de couture en imprimant un léger creux.


J'attaque la ceinture, toujours avec le même genre de techniques: (1) pour la ceinture elle-même, je crée d'abord un boudin que j'aplatis, puis je redécoupé délicatement la bande formée pour qu'elle soit bien droite. Ensuite, je la pose, et j'ajuste. Pour la boucle, une petite feuille de pâte et découpée en forme de rectangle et posée puis ajustée. (2) pour les passants de ceinture, je pars toujours d'un boudin que j'aplatis et dont j'ajuste la forme de fin ruban. Ensuite, je le découpe en petits morceaux que je pose délicatement en place, en essayant de leur donner imprimer une forme naturelle.


On entre dans les détails - III: les pieds

Rien de neuf ici au niveau des techniques et de l'approche: on y va progressivement pour les volume, surtout pour bien faire adhérer les premiers bouts de pâte. La bande en bas des chaussures (6) a été faite de la même manière que la ceinture. Je laisse donc les images parler par elles-mêmes.


Cuisson intermédiaire

Avant d'attaquer les bras, je vais passer par une cuisson intermédiaire pour fixer définitivement le travail fait jusqu'ici. Je peux me le permettre dans la mesure où les volumes des bras et du corps seront très découplés, la transition sera très marquée, et à ce stade je suis sûr de moi pour tout le travail en amont. Avant le passage au four, je lisse donc soigneusement tout ce qui doit l'être. En général, je laisse même le travail de côté quelques heures, voire une nuit, et je regarde encore la fig sous toutes ses coutures, à tête reposée, avant de la mettre au four.


Après cuisson, et après avoir laissé la figurine bien refroidir, j'attaque le ponçage qui a deux objectifs: éliminer les derniers défauts au niveau des surfaces ET améliorer certaines formes (typiquement les parties anguleuses), voire carrément les corriger dans certains cas extrêmes. Notez que plus vous laissez la figurine refroidie, meilleure sera la qualité du ponçage (et ça évitera aussi que les résidus du ponçage ne s'agrègent dans votre outil, vous imposant des nettoyages réguliers et souvent fastidieux). N'hésitez pas à regarder les surfaces sous différents angles par rapport à votre lampe de travail, certains défauts sont plus visibles que d'autres sous certaines inclinaisons.


Les bras

Dernière étape: les bras. (1) je crée un embryon de bras, grossier et un peu surdimensionné. (2) je le pose (sans me soucier de l'adhérence à ce stade) et j'essaye de trouver une position adéquate. (3) Je coupe l'excédent de pâte pour obtenir un résultat plus proche de ce que sera le futur bras, et j'ajuste sa forme/position en parallèle si nécessaire. (4) Une fois que j'obtiens un résultat satisfaisant, j'essaye de le reproduire pour l'autre côté. Ces deux bras vont me servir de "brouillon", de guide, pour les bras définitifs.


Venons-en au bras gauche pour commencer. Rien de bien nouveau: je procède d'abord par ajout de petites quantités, en soignant leur adhérence au corps et entre eux, et je me sers du brouillon de bras correspondant comme d'un gabarit pour vérifier l'évolution de la construction. Ensuite, j'affine peu à peu les détails. Puis je fais de même pour le bras droit.


Cuisson intermédiaire

Il me reste maintenant à m'assurer que tout est aussi parfait que possible: on vérifie les formes, les défauts, les traces de doigts, les jonctions,... Et on lisse, on lisse, on lisse... De nouveau, je laisse la figurine reposer une nuit avant de revérifier que tout est en ordre, puis direction le four, et enfin la dernière séance de ponçage. Et voici le résultat jusqu'ici. Je me suis un peu écarté du concept initial pour un premier jet avec un crâne un peu moins caricatural. 


Le bandana

Pour la suite, je travaille avec un mélange de Super Sculpey et de Super Sculpey Firm, sans autre vraie raison que de rendre les photos plus explicites. Je commence par remplir les creux qui seront recouverts par le bandana, sans quoi les dénivellations risquent d'apparaître à travers le bandana, ce qui ne serait pas très esthétique. Rien de bien compliqué, on essaye juste d'avoir un fini plus ou moins régulier.


Je prélève un peu de vaseline en gel (cfr photo de droite) avec un pinceau gomme et je l'étale sur la zone qui recevra le bandana. En effet, ce type de vaseline n'agit pas comme un lubrifiant dans le cas de la Sculpey, mais plutôt comme un solvant assez léger (*)! Le film de vaseline fera donc office de "colle" pour aider le bandana à adhérer au crâne.

(*) C'est la raison pour laquelle il faut en user avec discernement lorsqu'on travaille une surface dans le frais: une fois qu'elle a été en contact avec la vaseline, son état de surface se dégrade plus ou moins fort selon le degré d'exposition, et il peut devenir très difficile de travailler les détails par la suite. Depuis que j'ai constaté cela, j'évite au maximum de l'utiliser pour lisser la sculpey, ou alors soit dans des cas très spécifiques (des surfaces qui ne recevront aucun détail) et plutôt en guise de dernier lissage avant cuisson. On peut aussi en incorporer une toute petite quantité à une boulette de sculpey qui aurait un peu séché sous le poids du temps, pour lui faire retrouver un peu plus de souplesse et de consistance.


Venons-en à la partie principale du bandana. (1) Je commence par aplatir grossièrement une feuille de pâte avec les doigts, pour un résultat rapide mais grossier. (2) J'affine en utilisant deux bouts de carton/papier cartonné qui me servent de gabarit, et d'un cylindre (ici le manche de mon couteau) en guise de "rouleau à pâtisserie". (3) Je procède par étapes successives entre lesquelles je décolle à chaque fois la feuille de pâte de son support. En effet, quand on vise une épaisseur assez fine, si on attend le dernier moment, la feuille aura tendance à se déchirer au moment de la détacher du support.On procède donc prudemment et, lors des dernières étapes, on fait en sorte que le passage du cylindre ne fasse pas ou peu adhérer la pâte au support.

(4) j'obtiens ainsi une feuille de pâte régulière. Pour éviter des mauvaises surprises ultérieures, on peut s'assurer de l'homogénéité de la feuille de pâte par transparence, en la plaçant devant une lampe. (5) je découpe enfin ma bande de pâte aux dimensions voulues, en essayant d'avoir un résultat régulier. A ce stade, la longueur n'est pas très importante (on évitera cependant une bande trop longue qui sera difficile à manipuler; on peut s'aider d'une ficelle ou d'une bandelette de pâte pour mesurer le périmètre), par contre il faut que la largeur soit bien définie. Si nécessaire, faites des "brouillons" pour vous faire une idée. Ou encore, commencez par utiliser une bande trop large que vous adaptez par essai-erreur. Conservez les chutes issues des découpes. Elles vous seront utiles par la suite.



(1) la bande est placée sur la tête. Je choisis l'endroit où se fera la jonction en fonction de là où elle sera le moins visible, et si possible à un endroit où elle pourra même être masquée par lissage, ou cachée par autre chose, ce qui sera le cas ici grâce au noeud à venir. J'ajuste la bande en coupant un extrémité (2) puis l'autre (3) à hauteur de la jonction.


Pour la suite, une troisième main ne sera pas de trop. Par commodité, je la remplace par des boules de patafix qui me permettent de fixer ma figurine à ma table de travail, dans un position qui m'en rendra l'accès facile. De cette manière, j'aurai les deux mains libres pour travailler dans la suite.


Je crée les plis vers le nœud à l'arrière, d'un côté d'abord (1), puis de l'autre (2 à 4). J'essaye de créer un décalage vertical entre les deux extrémités, avec un léger mouvement de zig-zag.


(1) Je place un petit bout de pâte pour combler le trou entre les deux extrémités. (2) Je découpe un petit rectangle dans les chutes de la feuille de pâte de départ, et j'adapte ses dimensions en faisant l'un ou l'autre aller-retour entre la figurine et le plan de travail. (3) je crée des plis et (4) je pose la pâte sur le nœud en lui donnant une orientation légèrement en diagonale et (5) je découpe les longueurs excédentaires, j'assure l'adhérence du tout, et j'ajuste les transitions de part et d'autre du nœud. (6) On recommence avec une autre feuille qui est pliée un peu différemment (*), on la pose avec une orientation toujours diagonale mais tournée dans le sens opposé, et on ajuste (7). Je soigne en particulier les zones qui recevront les extrémités "sortantes" pour l'étape à venir.



(*) Quand on noue une bande de tissu, les parties à l'intérieur du noeud ont tendance à être plus repliées sur elles-mêmes que les parties extérieures. Pour bien visualiser, et pour ne pas m'emmêler les pinceaux(-gommes) quand je fais ce genre de choses, j'ai pour habitude d'essayer d'avoir un modèle sous les yeux. Dans ces cas-ci, j'ai pris une écharpe que j'ai nouée autour d'une de mes cuisses, pour pouvoir facilement faire passer mon regard de la figurine à la référence. Pouvoir faire et défaire le nœud à volonté permet de bien appréhender la façon dont les bandes de tissu se comportent et s'imbriquent les unes dans les autres…

On en vient aux extrémités sortantes du nœud. Tout commence par une feuille de pâte, de nouveau (1), qui est coupée dans une forme adéquate (2) (un losange convient aussi dans ce cas-ci; faites des tests préalables en fonction de de que vous voulez obtenir au final). (3) J'utilise un pinceau-gomme conique autour duquel j'enroule la pâte (4), puis je découpe la longueur de pâte excédentaire du côté qui sera inséré dans le nœud, tout en créant une forme pointue pour faciliter la suite (5). Ensuite, je reprends le pinceau-gomme pour manipuler la pièce (6) et je l'insère dans le creux préalablement adapté (7) à cet effet. Enfin, (8) j'ajuste la forme de la pièce. Je recommence les mêmes opérations pour l'autre côté (9); cette fois, la pièce est placée à l'opposé par rapport au nœud. Libre à vous de jouer sur les asymétries pour donner un peu de caractère.


Photos finales

Je fais les derniers ajustements au niveau de la forme, principalement pour la mise en forme des bords, pour donner un peu de caractère. Ensuite, je passe la figurine au four pour tout fixer. Enfin, après avoir laissé le tout bien refroidir, je ponce pour ajuster les petits défauts de surface et la forme des bords.


Vous pouvez utiliser les mêmes techniques pour d'autres formes, comme ici sur un bandana en triangle qui masque le bas du crâne sur une seconde figurine presque identique à la première. D'ailleurs je n'exclue pas d'en refaire une troisième plus ou moins identique, mais en gardant un crâne à nu cette fois.


Conclusions

Le thème et l'apparence de cette fig s'éloignent des sujets habituels dans le domaine de la figurine, mais la technique, elle, reste la même car elle ne dépend grosso-modo que de la pâte employée et de la taille de votre projet. J'ai donc fait ce tuto en espérant que vous pourrez y prendre des idées et les adapter à d'autres projets.

2 comments:

  1. Grand merci pour ce tuto qui complète à merveille tes explications orales dont j'ai bénéficié à cette Painting Crusade.
    Voici qui m'aidera dans la suite et qui me motive à recommencer le travail de ce matin. À ce stade, il y a déjà de nombreuses corrections à apporter.
    Merci, merci, Merci!

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    1. Avec plaisir... :)
      Au besoin, tu peux me trouver sur Facebook, sous le nom de Roots Thielemans.

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